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Sommet de l'information à Tunis

C'est mercredi que s’ouvre à Tunis le Sommet mondial de la société de l'information, organisé par les Nations Unies. Des critiques s'étaient élevées pour dénoncer le choix de la Tunise, un pays ou la liberté d'expression et la liberté de la presse ne sont pas garanties. Plusieurs incidents sont venus rappeler combien il est difficile pour les journalistes d'exercer leur métier sur place. le dernier en date concerne une équipe de TV5. Lundi, Kofi Annan , le secrétaire général de l'Onu avait déjà insisté auprès du président Ben Ali sur la liberté de la presse.

La Tunisie est régulièrement épinglée pour violation des droits de l'homme et la liberté d’expression, notamment sur le net, peut mener derrière les barreaux... Pourtant, c'est à Tunis que le sommet mondial réunit cette semaine, sous l’égide des Nations Unies et de l'Union internationale des télécommunications, les chefs d’Etat, les organismes régionaux, et les acteurs du secteur privé et de la société civile. Le but : s’accorder sur la gouvernance de l'internet et réfléchir aux moyens de combattre la fracture entre pays riches et pays pauvres en matière d'information...

Condamnation de Reporters sans frontière :

C'est une mascarade, c'est comme organiser un sommet sur la sexualité au Vatican, ou un sommet sur les droits de l'homme en Corée du Nord". Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontière, ne mâche pas ses mots pour dénoncer l'organisation à Tunis, cette semaine, du sommet mondial sur la société de l'information.

Un journaliste français poignardé :

Vendredi soir, un journaliste du quotidien francais Libération chargé de couvrir le sommet a été sérieusement agréssé, dans des conditions suspectes, poignardés par quatre hommes. Ses jours ne sont pas en danger.

Le matin même, Christophe Boltanski avait publié un reportage sur sept opposants tunisiens qui ont entamé une grève de la faim, le 18 octobre dernier. Il avait couvert une manifestation de soutien aux grévistes lors de laquelle, le président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme avait été molesté par les services de sécurité. Le journaliste s'est fait agressé à 30 mètres de son hôtel, dans un quartier pourtant quadrillé par la police, mais personne n'a répondu a ses appels à l'aide.

Le choix de Tunis pour cette réunion organisée par l'ONU a été dénoncé tant par les ONG, les organisations non gouvernementales, que par l'opposition tunisienne. La Tunisie, dirigée d'une main de fer par le président Ben Ali au pouvoir depuis bientôt 20 ans, compte plus de 400 opposants politiques, en majorité des militants islamistes.

La libération des détenus politiques figure parmi les revendications des sept grévistes de la faim qui réclament aussi la reconnaissance des partis politiques et la fin de la censure.

La RTBF, et TV5 victimes aussi :

Une équipe de la RTBF Télévision a été agressée lundi, alors qu'elle préparait un reportage sur les droits de l'homme en compagnie de la célèbre opposante Nadhia Nasraoui. Leur caméra a été arrachée, leur cassette de tournage confisquée par des hommes en civil qui les ont menacés. La caméra a finalement été rendue mais pas la cassette.

Dernier incident : celui survenu avec une équipe de TV5, une équipe suivie durant 8 jours par des policiers en civil, du harcèlement qui s'est doublé d'intimidation, lorsque les policiers ont ici aussi voulu s'emparer du matériel pour faire main basse sur les K7 de tournages.

Réactions :

La RTBF s'insurge contre ces pratiques et demande aux autorités tunisiennes de respecter la liberté de la presse. L'Association des journalistes professionnels belges a dénoncé quant à elle "l'intimidation, la brutalité et les entraves mises au travail des journalistes en Tunisie.

Le ministre français des Affaires étrangères a réagit. Il appelle la Tunisie à garantir la liberté d'information et le libre exercice par les journalistes de leur métier. Réaction également, cette fois en Belgique, celle de la ministre des Relations internationales de la Communauté française, après les incidents dont a été victime l'équipe de la RTBF. Marie Dominique Simonet a écrit à l'ambassadeur de Tunisie en Belgique pour demander que toute la lumière soit faite sur les responsables de cet incident.

Tunis dément :

Les autorités tunisiennes ont démenti mardi, qu'une équipe de la télévision publique belge RTBF ait été molestée, la veille à Tunis. Pour les autorités tunisiennes "la Tunisie accueille dans les meilleures conditions des centaines de journalistes venus du monde entier pour couvrir le Sommet de l’Infomation. Ceux-ci accomplissent leur mission en toute liberté, contrairement à ce que certains cherchent à faire croire à l'opinion publique".

Ailleurs dans le monde :

Certains chiffres attestent par ailleurs la difficulté de pratiquer le journalisme à travers le monde. Selon le rapport annuel de l'association mondiale des journaux, 51 journalistes ont été tués depuis le début de l'année et plus de 500 ont été arrêtés. L'Asie reste le point noir au niveau mondial. L'Irak est également particulièrement dangereux pour les journalistes.


2005/11/14 13:57:26





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