Estimant avoir fait le tour de la question avec Crowded House, le Néo-zélandais s'est lancé voici quatre ans dans une carrière solo. Avec ses deux albums sous le bras dont le très récent "One Nil", le plus connu des frères Finn se produisait sur la scène de l'AB ce mardi 15 mai pour un concert généreux mais un peu confus.
Avec sa tignasse ébouriffée, son visage d'éternel adolescent et son sourire malicieux, Neil Finn est assurément un type bien. A n'en pas douter, son capital sympathie reste intact : ses nombreux fans, très enthousiastes, ne l'ont pas oublié, même si l'époque de Crowded House s'éloigne tout doucement. Malgré de rares passages en radio et en TV, en dépit d'une promo confidentielle, Neil Finn est parvenu à remplir l'Ancienne Belgique pour ce concert accompagnant la sortie de son deuxième album intitulé "One Nil".
Entouré notamment de la violoniste-claviériste-guitariste Lisa Germano et de Johnny Marr, ex-guitariste des Smiths, Neil Finn présentait quelques atouts majeurs dans son jeu. Il a bien fallu revoir ce jugement au bout de quelques morceaux. Car si le concert débute brillamment avec une version poignante de "Private Universe" (époque Crowded House), la suite est hélas plus malheureuse. Approximation, hésitations, mise en place hasardeuse et surtout une kyrielle de fausses notes dans le chef de Lisa Germano viennent entacher une grande partie du concert. Neil Finn est le seul à garder le cap. Malgré un léger rhume, sa voix tient le coup. Enjoué, maniant l'humour avec un certain talent, le Néo-zélandais se sent à l'aise sur scène. Une attitude communicative qui séduira le public et sauvera le show.
Au rayon répertoire, Finn a clairement décidé de faire le tri. Subsistent encore quelques morceaux de Crowded House ("Pineapple Head", "Four Seasons in One day", "World Where You Live") et abondent les extraits de ses albums solos. On retiendra notamment de belles versions de "She Will Have Her Way" et "Loose Tongue", extraits de l'album "Try Whistling This".
Même si la prestation musicale de cette soirée laissait parfois à désirer, on ne peut s'empêcher de passer l'éponge et de garder une certaine tendresse pour ce personnage simple et attachant qu'est Neil Finn. Grâce à lui, il y eut quelques jolis moments de bonheur lors de ce concert. C'est déjà ça !