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Jardin de rêve du dimanche 30 avril 2006
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Le jardin de Pitet
Si vous tracez un triangle entre Hannut, Huy et Andenne, voici le paysage de cette région. Nous sommes en Hesbaye où les vingt-deux villages des entités de Braives, Burdinne, Héron et Wanze forment le parc naturel des vallées de la Burdinale et de la Mehaigne.
A Fallais, voici une réalisation de jardiniers de jadis. Près du château, ils ont planté une longue charmille en voûte. Elle est maintenant entretenue par le parc naturel.
Ces murs sont ceux de l’ancien potager du château de Fallais. Lui aussi est un vestige du travail des jardiniers du 19e siècle. En face de la ferme du châtelain, ils produisaient à l’abri des murs formant un microclimat une large gamme de légumes. Les couches chauffées permettaient des récoltes précoces. Voilà déjà quinze ans que le jardin abandonné revit. Le parc naturel y a créé un espace didactique ouvert au public et aux enfants des écoles. Ils y viennent nombreux découvrir des plantes qui n’ont rien d’extraordinaire, même si elles sont très belles. La plupart poussent naturellement autour de nous.
Gaëtan De Plaen, directeur du parc naturel :
Le parc Naturel de la vallée de la Burdinale et de la Mehaigne, dans le cadre de ses missions entre préservation et développement, a décidé de revaloriser ce jardin pour en faire un incitant à créer chez soi un jardin au naturel ; c’est-à-dire une alternative au gazon anglais, un lieu où on peut retrouver des parterres de plantes dites sauvages mais qui sont en fait des plantes indigènes. Ici, dans la collection du jardin des plantes, nous exposons 250 à 300 plantes indigènes ou ayant eu une utilité à un certain moment de l’histoire humaine dans la région.
Voici les parterres présentant la collection principale. Comme dans un jardin botanique, chaque plante cultivée est accompagnée d’une plaque d’information. Les espèces choisies ont toutes effectué un bout de chemin avec l’homme parce qu’elles sont comestibles, aromatiques ou médicinales.
Ici et là, on reconnaît une plante plus familière comme le centranthe qui pousse sur les vieux murs. Celle plante figure dans le parterre réservé à la famille des valérianacées.
Gaëtan De Plaen, directeur du parc naturel :
Voici la famille des valérianacées, avec le centranthe, la valériane mais également, et c’est étonnant, la mâche que l’on retrouve dans tous les potagers. Au jardin patrimonial des plantes de Pitet les plantes sont classées par famille et par ordre d’apparition sur terre. On commence par les fougères et on suit les plantes au fur et à mesure, jusqu’aux iris et aux jonquilles.
Il n’y a pas de recette miracle pour reconnaître les feuillages, les floraisons et pour retenir les noms latins. Pour accroître ses connaissances en botanique, il faut avant tout de la persévérance et le jardin de Pitet est un espace calme et serein propice aux nouvelles découvertes.
Il faut toucher, sentir, goûter et observer. En plus de ses autres caractéristiques, le fenouil sauvage est une des plantes hôtes de la chenille du macaon, un superbe papillon de nos région. Et la chenille, joliment colorée, est bel et bien présente grossissant au gré de ses mues.
Si des plantes médicinales ou aromatiques ne sont plus guère utilisées, elles gardent un attrait pour nos jardins. Parce qu’elles offrent du nectar aux insectes butineurs, parce qu’elles sont décoratives comme l’angélique en fleurs. Parce qu’elles apportent de la verticalité comme cette autre plante géante qui se passe pas inaperçue avec ses larges feuilles.
Gaëtan De Plaen, directeur du parc naturel :
L’Inula grande aulnée est une plante monumentale. Elle a la particularité de rester dans sa composition structurante en hiver ; on a un jardin sauvage mais qui garde une architecture en hiver grâce à sa grande hampe florale. C’est une particularité de cette plante qui a également des qualités condimentaire, mellifère et odorante.
Le jardin comporte d’autres espaces avec les plantes toxiques, une collection d’iris et une prairie sauvage bourdonnante de vie. De telles prairies peuvent être semées avec des mélanges de graines, c’est ainsi qu’on peut accueillir les plantes des bords de champs.
Gaëtan De Plaen, directeur du parc naturel :
Nous sommes dans l’espace des plantes messicoles, pleines couleurs.
Si on veut éviter le gazon à l’anglaise, il suffit de semer afin d’obtenir un espace de plantes messicoles, comme sur le bord d’un champs.
L’effet est magnifique, coloré, comme dans un tableau de Monet.
Le jardin de Pitet est bien sûr cultivé sans produits phytosanitaires. Pas de fongicides, pas d’insecticides, ce qui permet d’abriter des bourdons dans les nichoirs qui leur sont offerts. Ces bourdons participent à la pollinisation de la parcelle fruitière où les petits fruits peuvent être grappillés par les visiteurs.
Nous arrivons à la parcelle la plus étonnante avec une collection de plantes tinctoriales, utilisées pour teindre les tissus. Le cardon de nos potagers est une de ces plantes au pouvoir surprenant.
Gaëtan De Plaen, directeur du parc naturel :
Elle fournit une fleur très bleue en juin. La teinture tirée de cette plante va du jaune jonquille jusqu’au vieil or. Elle est particulièrement tenace et résistante sur les vêtements.
Pastel, garance, cocagne, orcanette, carthame et leurs couleurs seront bien sûr à l’honneur lors de la grande fête du jardin durant le troisème week-end de juin avec les artisans, les ateliers et les animations. En attendant, le jardin de Pitet à Fallais est ouvert l’après-midi, de 14 à 18 h, les samedis, dimanches et jours fériés. Bienvenue à tous !
Contact :
Maison du Parc naturel
Ferme de la Grosse Tour, 6 à 4210 Burdinne
Tél. 085 71 28 92
E-mail : info@burdinale-mehaigne.be
Les plantes sous-titrées durant le reportage :
Lonicera xylosteum
Astragallus glycyphyllos
Centranthus ruber
Artemisia absinthium
Foeniculum vulgare
Angelica archangelica
Inula helenium
Cynara cardunculus
Genista tinctoria
Isatis tinctoria
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